L'histoire du Château

DE 1593 à nos jours
1593

Construit en 1593 sur commande d’Antoine Legras sur un fort primitif datant du 15ème siècle, le château de la Fresnaye est un monument d’architecture classique (symétrique en H) de la fin de la Renaissance, avec des éléments encore défensifs : échauguettes aux angles, bouches-à-feu, larges douves sèches et pont-levis donnant directement accès à l’habitation et non à la cour d’entrée comme il est fréquent.

C’est alors un fief protestant en pleine période de guerres de religions. Il s’agit donc, à l’origine, d’un Manoir (édifice protestant sans chapelle) ; il prendra le nom de « château » à la fin du 19ème siècle quand la viticulture deviendra une source de subsistance pour ses occupants. Il est construit en calcaire bleuté et les huisseries sont entourées de blocs sculptés en tuffeau saumurois.

Sur la façade au sommet d’une lucarne, on peut encore lire la devise du seigneur de l’époque : « Par fortuna labori » (La fortune et le travail vont de pair).

Il meurt en 1600, lègue ses biens à son fils qui va vite s’endetter et va être obligé de vendre la propriété en 1638.

1639

Au XVIIᵉ siècle, Monsieur Fouyer, alors chevau-léger — un grade équivalent à capitaine dans la garde royale sous Louis XIII au Louvre — acquiert la terre noble et le château de la Fresnaye. 

Fin du XVIIIe

Le château passe aux mains de Monsieur Leroy de Neuville, grand donateur du Bon Pasteur d'Angers (ancienne maison des Pénitentes d'Angers). En 1832, son fils Augustin, très charitable lui-même, vendit le patrimoine familial pour poursuivre son oeuvre bienfaitrice au service du nouveau Bon Pasteur.

1793

Lors de la Révolution française, le château traverse les événements sans subir de dégâts : il est épargné par les colonnes infernales qui ravagent pourtant de nombreux domaines alentour. À quelques pas du château se déroule, du 17 au 19 septembre 1793, la bataille du Pont-Barré, l’un des épisodes marquants de la première guerre de Vendée. Les forces vendéennes y repoussent avec succès une offensive républicaine venue d’Angers, offrant une victoire stratégique aux insurgés. 

1839 - 1880

En 1839, le château est acquis par deux frères chaufourniers, exploitants de carrière et de fours à chaux. Durant cette période, le domaine connaît une importante activité industrielle : la pierre extraite est transformée grâce aux fours alimentés d’abord par le bois, puis par le charbon en raison du manque de ressources forestières. Le minerai était acheminé jusqu’aux installations par de petits wagonnets.

Cette activité intense s’accompagne de la construction de nombreux bâtiments annexes, dont certains vestiges subsistent encore aujourd’hui. Ils témoignent de l’organisation d’une véritable petite cité ouvrière.

Les relations tendues entre les deux frères finirent toutefois par peser sur la gestion du lieu. Ils décidèrent alors de diviser le château, ainsi que sa cour et son jardin, en deux parties distinctes séparées par un mur...

1880-1970

En 1880, faute de charbon, l'industrie des fours à chaux a périclité. Le Manoir sera vendu à la famille Oger-Bascher qui va fortement développer la viticulture sur près de cent hectares. C'est dès lors que le Manoir a été rebaptisé Château pour son activité viticole. 

1902

Construction de la maison attenante (devenue actuellement le gîte).

1970

Un terrible incendie se déclare dans les greniers de l'aile gauche et ravage les deux-tiers de la toiture, les fenêtres des combles et la charpente. Il faudra attendre dix ans pour qu'elle soit refaite. Les anciens propriétaires de l'époque : Monsieur et Madame Chauvet, à qui l'on doit une rénovation exemplaire, ont obtenu en 1986 l'inscription du château à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

XX-XXIe siècle

Les propriétaires qui leur ont succédé ont contribué à la restauration de la grange pigeonnier et sa transformation en chai.

Les propriétaires suivants sont à l'origine de la création d'un festival de musique classique. Depuis, les nouveaux acquéreurs poursuivent ce projet sous forme de concerts occasionnels (Les Fresnaysies Musicales).